Pour pouvoir être cotés, les timbres-poste doivent être d’une qualité irréprochable, c’est à dire :
- Avoir une dentelure complète. Attention surtout aux dents des angles; il n’est pas rare qu’elles soient partiellement abîmées: elles doivent avoir deux embouts pour être qualifiées de correctes.
- Ne pas être pliés (même un petit peu).
- Ne pas être tachés. Avec l’âge et souvent à cause d’une mauvaise qualité de conservation, les timbres « rouillent ». Des petites taches jaunes, rouges ou orangées apparaissent. Le timbre est alors déclassé.
- Ne pas être amincis. S’il manque une couche de papier, partielle ou totale, au recto ou au verso, on dit que le timbre est aminci. Il suffit de le mettre devant une lumière pour voir des différences d'épaisseur irréparables. Si un timbre remplit un de ces quatre critères, vous pouvez le jeter (sauf cas très exceptionnels de timbres datant du dix-neuvième siècle, l’âge de ces timbres expliquant à lui seul leur qualité).
Au niveau des timbres, on trouve trois grandes catégories:
1°) Les neufs. Ils n’ont jamais été utilisés, la gomme se situant au verso et l’absence d’oblitération au recto en font foi.
2°) Les neufs avec charnière ou sans gomme. Durant de nombreuses années, des collectionneurs conservaient leurs timbres neufs à l’aide de charnières (des petites languettes autocollantes en papier cristal). Les timbres neufs étaient alors collés sur des feuilles de papier. On retrouve aujourd’hui de nombreux timbres tels que ceux-ci (essentiellement ceux des années 1920 à 1970). Ils sont repérables par l’absence de gomme ou par une petite trace rectangulaire laissée lors du retrait de la charnière (lorsque ce n’est pas de l’arrachage sauvage et dans ce cas, cela fait un gros aminci).
3°) Les timbres oblitérés. Ceux sont les timbres qui ont circulé. L’idéal serait de les garder sur leur support d’origine (lettre ou fragment de colis), mais cela nécessite un espace de stockage important et surtout un système de classement efficace. On les trouve généralement décollés, mais attention: sur un bon timbre oblitéré doivent figurer la date et le lieu d’expédition (ville ou département). En effet, si la plupart des timbres ont une meilleure cote en neuf, certains timbres valent beaucoup plus oblitérés. Il est facile de faire une oblitération de complaisance en allant au bureau de poste et en demandant l’oblitération dans un coin du timbre. Il est donc difficile de prouver qu’un timbre de 1901 n’a pas été oblitéré en 2001 (ce qui en modifierait la valeur).
Parlons maintenant de la valeur des timbres. Il existe plusieurs catalogues (Cérés, Michell...) mais la référence dans les pays francophones est le catalogue Yvert et Tellier. Je devrais plutôt dire LES catalogues. Il y a en effet sept tomes qui répertorient tous les timbres du monde entier. Ces sept tomes sont répartis en 14 catalogues. Si l’ensemble reste nécessaire pour les gros collectionneurs ou marchands patentés, le simple volume 1 suffira aux petits collectionneurs qui veulent évaluer ou vendre leur collection.
Comment utiliser ce catalogue ?
C’est très simple : pour les timbres contemporains ( ...depuis 1918 ! - je sais les philatélistes ont une drôle définition du mot "contemporain " - ), les timbres sont classés par ordre d’émission. Chacun d’entre eux dispose donc d’un numéro. A coté de ce numéro vous trouvez une photo en couleur ainsi qu’un descriptif. Ainsi, si en feuilletant le catalogue vous ne trouvez pas votre timbre, pas d’éclats de joie précipités : ne croyez pas avoir trouvé la perle rare. Rendez-vous au lexique qui vous donnera le numéro du timbre, et vous constaterez qu’il ne vaut que 20 centimes d’euro. Au coté de chaque référence vous trouverez donc les cotes « neuf », « neuf avec charnière » et « oblitéré » (en partant de gauche à droite). Attention à la cote, il ne s’agit pas du prix auquel vous allez pouvoir le vendre. En effet, si les marchands appliquent une décote de 20 à 50% sur la valeur indiquée, c’est parce qu’ils ont des frais et des taxes à payer et surtout parce qu’ils contrôlent le marché). Le particulier ne pourra espérer en tirer pas plus de 40 à 50%. J’ai même vu récemment des lots de piètre qualité se vendre à moins de 20 %. Donc comptez sur environ un tiers du prix catalogue si vous voulez vous séparer de votre collection.
Et pour les timbres étrangers ?
Comme je vous l’ai dit ci-dessus, inutile d’acheter tous les catalogues. Le marché des timbres étrangers est très restreint, même avec le soutient énorme que lui a apporté les sites de ventes aux enchères.
Il est quasiment impossible (sauf collection d’une grande rareté) de se séparer à l’unité de timbres étrangers. L’idéal est de les vendre par lots. Faites un premier tri et reportez vous à la fin du catalogue Yvert et Tellier. Vous y trouverez les prix courants appliqués aux lots.
A noter toutefois que plus il y a de timbres différents dans un lot, plus la valeur unitaire du timbre augmente. En effet, la probabilité pour l’acheteur de trouver des timbres moins communs s’accentue et l’intérêt de ce dernier s’accroît : or donc, le prix augmente.
L’avantage de ces lots est qu’une fois qu’ils sont constitués, il est facile de les vendre sur les sites de vente aux enchères, et systématiquement en tirant un meilleur prix que celui que vous aurait offert un marchand.